FRANCA SOZZANI : CHAOS & CREATION

          Franca Sozzani est au Vogue Italie ce qu’Ana Wintour est au Vogue US. Décédée en décembre 2016, elle reçoit d’innombrables hommages de ses pairs qui saluent son héritage. Durant de nombreuses années, la rédactrice en chef de l’édition italienne de Vogue contribue en effet à façonner la réputation d’une publication qui tombait alors en désuétude.

Son oeuvre

Dès son arrivée, Franca décide que la mode n’est pas seulement frivole ou superficielle, mais qu’elle peut parler des sujets de société. À coup de publications osées et engagées, elle crée le scandale avec des numéros qui dénoncent la chirurgie esthétique, la guerre en Irak, le naufrage pétrolier de BP ou encore la violence conjugale – toujours illustrés par les clichés de Steven Meisel, son photographe fétiche. Tour à tour, on lui reproche de moquer les femmes qui on recours à la chirurgie ou encore de glamouriser la guerre, le naufrage et la violence. Toutefois, si ces photos peuvent hoquer, elles ont le mérite de faire naitre le débat : on reproche à ces clichés de banaliser des faits que l’on accepte pourtant au quotidien sans agir.

Par ailleurs, Franca Sozzani ne s’arrête pas là et prend le parti de réagir aux sujets qui lui tiennent à coeur, réalisant par exemple la toute première édition consacrée uniquement aux mannequin de couleur, en réaction à leur absence sur les podium.

Franca n’est pas très connue hors de l’industrie. Discrète, elle se livre d’ailleurs très peu sur sa vie personnelle. Son travail pourtant, a permis de faire du Vogue Italie une référence. Peu avant qu’elle ne décède, son fils a le temps de réaliser un documentaire qu’ils montent ensemble et qu’elle a le temps de voir projeté. Aujourd’hui, le film est présenté commun hommage. On peut le retrouver sur Netflix : l’occasion de lever le voile sur une des figures les plus marquantes du monde de la mode! Xx

Vogue Italie expose ses clichés les plus politiques et scandaleux | Vogue